Irlande : Day 1
Le Samedi 4 mai 2024 : Cherbourg >> Dublin
Nous avons pris la route de l’Ouest à travers le bocage normand bien vert, un avant goût de l’Irlande sous doute.
Irlande : Day 2
Le Dimanche 5 mai 2024 : Dublin >> Greystones
Quelle émotion de voir apparaître la côte au réveil, une colline verte au-dessus de l’onde bleue, une nouvelle terre pour de nouvelles aventures.
Irlande : Day 3
Le Lundi 6 mai 2024 : Wicklow Mountains
Direction les Wicklow Mountains, un grand espace sauvage et mystérieux, à seulement quelques kilomètres et quelques centaines de mètres au-dessus de la mégalopole dublinoise. Le contraste est saisissant, presque troublant, comme si deux mondes se côtoyaient sans jamais se rencontrer.
Irlande : Day 4
Le Mardi 7 mai 2024 : Bray >> Killarney
Doucement, nous commençons notre boucle, qui nous fait passer d’une mer à l’Est, à un océan à l’Ouest, en pérégrinant sur le “Ring” irlandais.
Irlande : Day 5
Le Mercredi 8 mai 2024 : Dingle Peninsula
Cette journée a commencé comme un vol d’hirondelles, pour se terminer avec la relève de Riverdance. Entre les deux, ce fut littéralement une explosion de paysages.
Irlande : Day 6
Le Jeudi 9 mai 2024 : Tralee >> Dublin
Entre les deux rives, le paysage s’apaise, s’aplanie, pour n’être qu’une succession de collines dociles, propices à l’installation du bocage irlandais.
Irlande : Day 7
Le Vendredi 10 mai 2024 : Wicklow Moutains & Dublin
Quel contraste, quelle transformation depuis les émigrations irlandaises successives, à cause de la famine et de la pauvreté. Aujourd’hui, l’Irlande est devenu l’un des pays les plus riches par habitant en Europe, et ça se ressent tout particulièrement dans la région autour de Dublin.
Irlande : Day 8
Le Samedi 11 mai 2024 : Dublin >> Rosslare
La dernière traversée en train jusqu’à Rosslare rend un dernier hommage à la nature riche et généreuse de cette île. Je repars donc avec du vert, couleur nationale par excellence, plein les yeux !
Un voyage pas comme les autres !
Les modalités de ce voyage sont nées de la prise de conscience que je ne pouvais plus voyager comme avant. Le climat se réchauffe à grande vitesse du fait de l’activité humaine et du rejet dans l’atmosphère de CO2 lié à la combustion d’énergies fossiles principalement. C’est aujourd’hui une évidence…et une urgence ! Si nous ne changeons pas véritablement nos modes de vie dès à présent, c’est la génération de nos enfants nés en 2020 qui ne pourra plus vivre sur une Terre humainement habitable toute la seconde partie de leur existence.

A mon petit niveau, j’ai pu me rendre compte que c’étaient les voyages longue distance et les trajets en avion qui contribuaient le plus dans mon mode de vie à la combustion d’énergies fossiles responsables du réchauffement climatique. Sur un A/R entre Paris et Dublin par exemple, le trajet en avion va émettre 639 kgCO2eq, soit 32% de notre budget carbone annuel selon l’accord de Paris.
Simulation du trajet en avion (639 kgCO2eq)
source : https://www.mollow.eu/calculateur-carbone
Je pense aujourd’hui à mes nièces de 1 et 7 ans, et ne souhaite plus participer par mon comportement à la négation de leur avenir. Alors ce voyage en Irlande a joué ce rôle expérimental : comment voyager autrement ? L’objectif fixé fut alors assez simple sur le papier : ne pas prendre l’avion, moyen de transport le plus rapide, mais aussi le plus émetteur de CO2 par passager au km. A partir de ce postulat, il me fallut donc explorer des voies alternatives pour rejoindre l’île d’Émeraude.
Voyage aller (150 kgCO2eq) – Irlande : Day 1 / Irlande : Day 2
Pour l’aller, nous avons finalement opté pour le ferry entre Cherbourg et Dublin, après avoir rejoint le port normand en train depuis la gare St Lazare (Paris). Seul hic, le transfert à pied entre la gare SNCF et le ferry en plein milieu de la zone portuaire. Clairement, cette connexion n’est pas encore bien organisée, et l’arrivée jusqu’au ferry peut rapidement se transformer en randonnée Urbex. Sur 1000 passagers au moment de l’embarquement, nous n’étions finalement que 5 à être sans véhicule à bord (un autre couple de français, et un universitaire allemand). Le ferry reste actuellement un choix privilégié par les personnes souhaitant voyager avec leur propre voiture, caravane ou autre camping car. Espérons que la part des piétons puisse progresser à l’avenir, pour rendre ce type de transport également plus vertueux écologiquement.
source : https://www.mollow.eu/calculateur-carbone
En tout cas une fois à bord, le voyage prend une dimension tout autre. Entre le départ du port de Cherbourg en fin de journée, le soleil couchant depuis le ponton sur la mer celtique, et la découverte le lendemain matin des premières lueurs du jour sur la côté irlandaise, cette traversée transporte notre imaginaire dans le temps et les époques : sommes-nous devenus des navigateurs en quête de nouveaux territoires vierges, des migrants dans l’espoir d’une terre promise, ou les membres d’une diaspora revenant vers notre île natale après des années d’exil ? Lorsque le port de Dublin apparait enfin à l’horizon en milieu de journée, il n’y a plus de doute possible, cette traversée fait partie intégrante du voyage !
Voyage retour (32 kgCO2eq) – Irlande : Day 8
Au retour, j’ai souhaité rester le plus possible sur la terre ferme, grâce au moyen de transport actuel le plus écologique, à savoir le train. L’Irlande reste bien évidemment une île, mais il existe un étroit passage avec l’Angleterre, qui se trouve au niveau du Pays de Galles. Il s’agit du détroit du canal St Georges. C’est ici que j’ai pris à nouveau le ferry, pour une traversée de 3h environ entre Rosslare (IRL) et Fishguard (WAL).
source : https://www.mollow.eu/calculateur-carbone
De Dublin jusqu’à Rosslare, il existe un train merveilleux, le Rosslare Europort Express, qui suit toute la côte-est de l’île, en alternant entre bords de mer et pâturages bucoliques. Un dernier hommage au “bleu-vert” de l’Irlande.
Une fois arrivé à Fishguard au Pays de Galles, il me faut attendre un train qui part directement du port pour la ville de Cardiff, mais seulement une fois par jour. Ca laisse le temps d’apprendre que dans cette baie a été tourné le film Moby Dick, que des Français ont été boutés par les Anglais au 18ème siècle, et que l’aviron est le grand sport local.
Pendant la traversée du Pays de Galles, j’essaye de me mettre au gaélique (tous les panneaux des gares sont billingues). Peine perdue, il y a bien trop de consonnes pour si peu de voyelles, le mystère restera bien gardé.

Une fois la capitale galloise atteinte, je retrouve un réseau ferroviaire bien plus développé avec la ligne Cardiff-Bristol-London, l’une des plus fréquentée du Royaume. J’arrive en début de soirée à Londres, la gare de Paddington est en pleine effervescence, je m’engouffre dans un Tube, à la recherche d’un abris pour la nuit.


Enfin le lendemain matin, l’Eurostar m’attend à la première heure, direction Paris, mon point de départ, en passant cette fois-ci sous un bras de mer. Après avoir pris le ferry sur l’immensité bleue ces derniers jours, je me rends mieux compte de l’exploit humain de ce tunnel sous la Manche.


Au final, ce trajet retour aura duré un peu plus de 2 jours. Avec de meilleures infrastructures et surtout une offre plus importante de trajets permettant de mieux optimiser les connexions et transferts, je suis sûr qu’un jour il sera possible de le faire en une seule journée. Mais en attendant, ce trajet retour a relevé plus de l’aventure que d’une vraie solution alternative à l’avion ou même le ferry, je vous l’accorde. Mais que de CO2 économisé, tout de même !








